[Review] : The Nun, faites vos prières. - Le Blog 100% Horreur

samedi 29 septembre 2018

[Review] : The Nun, faites vos prières.


Synopsis : Quand on apprend le suicide d'une jeune nonne dans une abbaye roumaine, la stupéfaction est totale dans l'Église catholique. Le Vatican missionne aussitôt un prêtre, Père Anthony Burke (interprété par Demian Bichir) au passé trouble et une novice, Sœur Irène (Taissa Farmiga) pour mener l'enquête. Risquant leur vie, les deux ecclésiastiques doivent affronter une force maléfique qui bouscule leur foi et menace de détruire leur âme. Bientôt, l'abbaye est en proie à une lutte sans merci entre les vivants et les damnés…

On se remet dans le contexte : Corin Hardy (réalisateur) nous plonge dans les années 50, au cœur de la Roumanie, berceau de Dracula mais aussi celui de Valak, cette Nonne énigmatique dont on a fait la connaissance dans Conjuring 2 sorti en 2016 et réalisé par James Wan, créateur de cet univers et de tant d'autres (Insidious, Saw, Dead Silence...).
Au vu du succès de ce personnage et des habitudes de la saga, après Annabelle la poupée maléfique, c'est tout naturellement que Valak ai droit à son propre film.

Ce démon - dont Bonnie Aarons tiens le rôle - est un esprit maléfique que les époux Warren combattront et qui apparaît sous la forme d'une nonne au visage livide, sans expression, avec des yeux qui vous fixe d'une façon à vous glacer le sang. Elle prendra possession de vos rêves et vous imposera des visions jusqu'à que vous la combattiez et prononciez son nom : Valak ! Mais ici,  dans son origin story, les choses ne seront pas aussi simples...

[ Je vous parlerais dans un article dédié, du réel démon qui a inspiré James Wan, et des vrais affaires de Ed et Lorraine Warren, car oui tout cela s'inspire de faits réels. Je vous souhaite d'avance une bonne nuit ! ].


Dans les faits, "La Nonne" est un film qui appartient au genre de l'horreur mais ce n'est pas ce ressentit brut que le spectateur expérimente : Tout en étant fasciné par l'esthétique du film, des détails et plans de caméras peaufinés, le long métrage nous plonge dans un sentiment de terreur contrôlée, une espèce d'anxiété propre à l'univers de Conjuring, car, quand on connait le genre de la maison, on sait ce qui nous attend tout en ne sachant pas "où, quand, comment". Cette ambiance pesante est directement lié au choix des apparitions du personnage : la présence de Valak est justement dosée, elle n'est pas omniprésente et cela lui ajoute d'autant plus de prestance. Sans spoiler, je vous garantis que le réalisateur s'en amuse : je vous rappelle que nous sommes dans un couvent et que, par conséquences, des nonnes, il y en a partout ! C'est torturant et surtout oppressant. 


Le film joue énormément sur les codes, les aspects du catholicisme mêlés à ceux du satanisme et de l'occultisme. Ils sont travaillés et maîtrisés, et surtout plus poussés, plus terrifiants que d'autres films du genre plus axés sur la possession du/des protagoniste(s) que sur les invocations et les pratiques des sciences occultes.
Le film nous happe dans cette ambiance catholique d'une façon malsaine et démoniaque. On est clairement loin du couvent jovial où nous chanterons tous en cœur.
L'esthétique s'adapte de façon harmonieuse à la photographie du film (dirigée par Adrian Curelea et Vraciu Eduard Daniel), sombre, sur différents tons  de gris et de rouges. Les décors (Jennifer Spence) - changeant selon l'avancée du récit - sont mis en avant grâce à des plans caméras artistiquement parfaits. 

Malgré tous ces éléments appréciables, le scénario de Gary Dauberman reste banal et peu original : la trame suit trop à la lettre les codes de l'horreur sans prise de risques et l'histoire fini par en pâtir  puisque les origines de Valak sont à peine survolées. La base est assez simple et efficace, mais la consistance du film est apportée par la cohésion de l'univers et le travail artistique qui consolide le récit et l'ambiance.


En soit, j'ai beaucoup aimé ce long-métrage. Je fais parti de ces "horror enthusiasts" et j'ai tendance à faire prévaloir le positif, notamment sur des franchises que j'ai envie de soutenir tel que le Conjuring Universe. Mais en toute honnêteté "la Nonne" n'est pas le film qui innove le cinéma du genre, et n'est pas forcément original : il perpétue la firme Conjuring et l'affirme en reprenant ses codes, ses mécanismes, et la rend cohérente.

Par ailleurs, Gary Dauberman rehausse le niveau des spin-off de la saga et rattrape les deux tentatives (pétards mouillés) d'"Annabelle".
Ni une révolution ni une déception, deux questions demeurent : 
  • L'esthétique et la photographie d'un film prévaut-il à un bon scénario ? 
  • Est-ce que cela annonce une nouvelle génération de films d'horreur plus portés sur le design de son univers que de son écriture ?
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Score : 
🕯️ The Nun (titre original)
🎥 Réalisé par Corin Hardy
🖋️ Ecrit par Gary Dauberman et James Wan
🎭 Taissa Farmiga, Demian Bichir, Bonnie Aarons, Ingrid Bisu, Jonas Bloquet, Charlotte Hope, Sandra Teles, David Horovitch...
⌛ 96 min
💲 22 millions
🎞️ 19 septembre 2018 (FR) / 6 septembre 2018 (USA)
💽 Sociétés de productions : New Line Cinema, The Safran Company, Atomic Monster Productions. Société de distribution : Warner Bros.
🌎 Pays d'origine : Etats-Unis


BONUS : La timeline du Conjuring Universe

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